La chute du mur.

«À quoi pensez-vous?»

À peine sortie du lit, Facebook veut savoir ce qui occupe mon esprit. Il n’y a plus de doute : Facebook est une femme! Insécure, inquiète et dotée d’une curiosité sans borne. Je ne sais pas trop quoi répondre à sa question, puisque «bof à rien en particulier» ne va pas la satisfaire, car oui, comme Denis Levesque, elle veut toujours en savoir plus!

Où j’étais? Pour me géolocaliser. Qu’est-ce que j’ai fait? Pour me juger. Avec qui j’étais? Elle veut identifier mes complices. Elle attend ma petite blague, mon opinion, mon anecdote et moi en retour, j’attends rien de moins que son amour, cachée derrière chaque mention  LBF FB j,aime de gens qui sont nos amis communs. 

Facebook et moi, on est un vieux couple.

Quand elle me jase, parfois même jusqu’à la toilette, c’est toujours pour me parler du bonheur des autres, leurs fiançailles, leurs voyages, l’arrivée du petit dernier. Parfois, elle me raconte aussi les mauvaises nouvelles: les deuils, les cancers, les conservateurs majoritaires. 

Ce matin, je ne veux pas lui faire de peine, mais j’ai aussi une mauvaise nouvelle pour elle : je songe sérieusement à la quitter. Enfin de manière temporaire, pas une rupture définitive là, mais un genre de break.LBF facebook coeur

C’est à cause de cette amie que j’ai vu en début d’année, qui, en lui parlant d’une vidéo virale, m’a répondu:  «Ah? Je ne sais pas de quoi tu parles, j’ai lâché Facebook peu avant les fêtes. Ca me prenait trop de mon temps, ça me distrayait et jouait sur mon humeur. »

Wow! Je me souviens l’avoir admiré comme si j’avais devant moi une ex-junkie qui m’annonçait sa sobriété depuis mille ans! Je l’enviais. 

Car oui, Facebook, ne fais pas ta naïve, tu le sais que t’es une sacrée drogue! Parfois dure parfois douce, que je dois m’injecter, aussitôt que j’ai deux minutes, pour me faire voir le monde avec TES yeux.  

Capture d'écran 2015-01-09 18.17.24Mais là,  j’ai réfléchie et avant la fatalité d’une overdose, j’ai pris la résolution de me désintoxiquer un peu du virtuel, même si, étrangement, je crains le sevrage du réel. 

Comprends-moi, on vit dans deux mondes différents toi et moi. Dans le mien, ironiquement, les gens se renferment derrière leur écran pour faire «leur social». Pourtant, nous sommes à une époque où les moyens de communication nous sortent par tous les orifices! C’est comme si on ne ressentait plus vraiment les émotions alors on laisse les émoticônes les vivre pour nous! 

LBF femme serre son ordiDans le tien, on s’aime, on se fait des demandes, on se suit, on se partage, on se tague, on se commente, pis des fois, on se masque, on se bloque, on s’ignore et on se supprime.

Non Facebook, ce n’est pas parce que je ne t’aime plus, je ne sais juste plus si entre toi et moi c’est une question d’habitude, mais je dois retrouver les raisons pour lesquelles j’ai succombé à ton charme du début. Je crois que je reste avec toi pour les mauvaises raisons. Bref, pour utiliser ton vocabulaire, notre relation est devenue compliquée

C’est pas ta faute, c’est la mienne.

Quoi? Non, je ne trompe pas ( ou si peu ) avec l’oiseau de Twitter qui n’a pas assez de caractères pour moi!  Mais, ne te crois pas indispensable pour autant. Je n’ai pas besoin de toi pour me rappeler que j’ai des amis. Si je veux de leurs nouvelles, je peux très bien les appeler texter! 

Là, je suis célibataire, mais quand il y aura un homme dans mon lit, désolée Facebook mais le soir, c’est lui que je vais liker au lieu de tes vidéos de chats qui jouent du piano!

Non, de toi je ne suis finalement pas dépendante, je pourrais très bien fermer la page de notre amour si je le souhaitais, faire chuter notre mur, celui qui me sépare de la réalité. Mais il est vrai que je ne peux balayer six ans d’historique en un vulgaire clic.

LBF vampire girl

Oui, je sais que t’as toujours été là pour moi, à chaque événements marquants : ma remise de diplôme, la fois où j’avais décidé d’être en couple virtuel ou mon statut sur les vampires lesbiennes qui avait récolté plus de 40 likes

Oui, on a aussi eu nos bons moments.

Alors voilà, je suis forcée de constater que j’ai besoin de toi, ne serait-ce que pour que tu m’accueilles, chaque matin, alors que j’ai pas encore avalé ma première gorgée de café, en me prévenant du temps qu’il fait, de l’anniversaire d’un ancien prof, de ce que ma voisine à mangé pour souper ou de cette fusillade à Paris…

Bon ok pour cette fois, je te laisse une chance. Je vais rester parce que c’est vrai que je n’en trouverai pas une autre comme toi. De toute manière, la prochaine fois que tu vas me demander à quoi je pense, je te répondrai probablement «bof à rien en particulier et toi?»

Qui sait, peut être un matin j’ouvrirai mon ordi et c’est toi qui sera parti… 

LBF

LBF facebook seringue

Fin de la séance 26

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