La femme soldat.

« Bon ça y est, c’est fini… »

Disons que je n’ai pas sursauté lorsque mon amie, aux traits tirés, m’a annoncé la nouvelle. En fait, ça n’avait rien d’un scoop, car je la voyais bien qui s’enfonçait dans une relation malsaine et qui n’était pas sans me rappeler mon propre calvaire jadis vécu.

Intérieurement, je me disais «ouf! Enfin!».

Elle pensait ça elle aussi, mais il était juste trop tôt pour l’assumer à haute voix. Elle me précise : « on a décidé de se laisser », le on était murmuré quasi prémâché, probablement pour mieux avaler la rupture?

On dit «on» quand on veut se déculpabiliser et je sais trop bien qu’elle devait avoir encaissé sa dose de culpabilité pendant cette relation qui n’avait plus rien «d’amoureuse» depuis déjà (trop) longtemps.

Bien qu’il n’y ait pas une rupture semblable et qu’on ne doit pas comparer nos relations, je savais à quel point c’était difficile de vivre avec un gars qui manque tellement de confiance en lui, qu’il devient par conséquent; un jaloux, un manipulateur et un péteux de coche. Dans le cas de cette amie, elle a eu droit au package deal !

Naturellement, c’est elle qui a pris la décision finale, car ces gars-là** préfèrent généralement s’enliser dans une relation destructrice plutôt que d’admettre leur tort et surtout de redevenir célibataire. Parce qu’ils savent trop bien, que ça sera difficile en sale d’en trouver une autre comme nous, comme moi, comme mon amie. Tsé une «bonne fille».

** Oui, il existe aussi «ces filles-là».

Non, ils laissent «l’autre» prendre l’ingrate décision, ainsi ils pourront se complaire dans le rôle de la victime:  

« Elle m’a laissé, on sait ben : je n’ai jamais été assez bien pour elle! Probablement qu’elle me bullshitait, comme toutes les autres, elle ne m’a jamais aimé, personne m’aime, etc.»

Aveuglés par leur propre existence, ces gars-là, ne se rendent JAMAIS compte qu’ils ont eux-même construit brique par brique, le mur qui a séparé leur couple. 

Quand celui qui prétend être «ton allié» devient du coup, ton adversaire, tu dois rester inévitablement sur la défensive. Pas évident d’aimer une personne qui considère l’amour comme une arme et non comme un bouclier. L’amour doit protéger le couple, pas le détruire. 

Malheureusement, y’a une bonne gang de gars qui confondent «vivre en couple» et débarquement de Normandie. On AIME ou on décide de faire la guerre, pas les deux. 

armée Corée du Nord

Match leibe nitch kreig.

Comme j’expliquais à cette amie, pour avoir vécu l’expérience de me réveiller chaque matin et de me sentir comme si je devais aller au front, je sais que lorsque t’essayes de former un couple avec une personne qui te perçoit comme son principal ennemi, t’auras beau de promener toute la journée avec un drapeau blanc planté dans le cul, si elle a décidé que c’était la guerre, la guerre ça sera!

Souvent, ça commence avec des petites flèches, des petits commentaires désagréables, voire blessants et tu te dis  «bah! Ca ne vaut pas la peine d’en parler», mais le problème c’est que les flèches deviennent rapidement des bombes!

Dans chaque conflit, il y a un envahisseur et un territoire conquis. Inutile de préciser que ce dernier sera toi ma chère!

LBF femme soldat animéeUne bonne fille c’est tolérant, ça achète sa patience en paquet de 24 chez Costco parce que ça n’aime pas ça les conflits et tu vois, ça, c’est l’idéal pour ces gars-là.  Parce que tu fermes ta gueule, tu gardes tout en dedans, tu attends que les choses se replacent, tu remets LA discussion toujours à plus tard ou comme tu préfères appeler toute cette merde:

«tu achètes la paix».

Mais quelle crisse de PAIX??? La tienne? Vraiment? Ou plutôt la sienne à lui?

L’affaire c’est que ces gars-là, ils n’en veulent pas de ta PAIX. Ils veulent des cris ( les leurs surtout ) ils veulent de l’affrontement, ils veulent pouvoir te balancer tout ce qu’ils veulent pas la tête, quand ils le veulent, parce que eux, ils ne s’expriment pas : ils explosent! Voilà, c’est leur zone de CONFORT et ils ne respecteront aucune trêve.

«Oui, mais c’est normal des petites tensions dans un couple».

Attention, y’a une sapré différence entre une dispute de temps en temps et être toujours sur un champ bataille.

Le seul temps où tu vis un «cesser-le-feu» c’est pendant le sexe et même encore là…

Avec ces gars-là, ta vie est remplie de mine antipersonnel et à tout moment tu peux mettre le pied dessus! Avec ces gars-là, t’es jamais à l’abri d’Hiroshima! 

Alors que tu penses être la casque bleu de ton couple, monsieur te feras comprendre rapidement que TU cherches le trouble, que TU cherches la chicane, que TU le cherches lui. Parce que pour lui : chaque parole, chaque soupir, chaque larme est une MUNITION. Alors, naturellement, puisqu’il se sent attaqué, il se défend et toi, la conne, tu résistes pacifiquement. 

Pis finalement, quand t’en as mare de toujours essayer de te faire un chemin vers lui, en évitant les projectiles, que tu comprends que le seul enjeu à cette guerre n’est pas l’amour, mais le contrôle et que si tu ne te sauves pas, tu y laisseras tôt ou tard ta peau. Quand tu comprends que le répit d’un (autre) break ne suffit plus, quand la rupture devient ton seul armistice…

LBF drapeau blanc 1

Le traité de la paix.

Cette amie, c’est une battante, elle est déchirée en dedans, elle a des éclats d’obus dans le coeur, mais rien qu’un amour SAIN ne pourra pas recoller à nouveau. Devant elle, j’évite les phrases comme : «Le pire est derrière toi, tu vas tellement être mieux sans lui!». Parce que ce n’est pas tout à fait vrai.

Oui, une pression colossale quittera ses épaules, mais il lui faudra réapprendre à marcher avec un poids plus léger et ça ne se fait pas en criant « j’te laisse!». Mon amie devra apprivoiser cette nouvelle liberté. Certes, il y aura des cauchemars, des idées noires, des «flashs back». 

Comme ces soldats qui reviennent d’une zone de guerre, mon amie a laissé une partie d’elle-même quelque part dans l’horreur et le chaos. Elle souffrira sans doute d’un syndrome post-traumatique

Non ce n’est pas fini. Le chaos reviendra la hanter la nuit, elle se réveillera alors en pleurant, se demandant si elle aurait pu faire plus ou faire mieux? Elle devra survivre aussi à ces matins, où elle aura la nausée et une boule dans l’estomac, qui lui rappelleront qu’elle aurait peut-être du rester «là-bas». Et finalement, tous ces moments où elle s’en voudra quand le chaos lui manquera… 

Non ce n’est pas terminé.

À cette amie, je lui souhaite de faire la PAIX avec elle-même. 

LBF ex-soldate.

LBF femme déprimée

Fin de la séance 41

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s